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LangaJE 2026 : inscriptions ouvertes

L’édition Langa JE 2026 consacrée aux interactions langagières en environnements numériques, sera l’occasion de réunir doctorant·e·s et jeunes chercheur·euse·s autour des enjeux liés aux formes numériques, à la linguistique interactionnelle, à l’analyse du discours médié, et aux interfaces conversationnelles automatisées.

Date de l’évènement : 06/11/2026
Lieu : MSH Salle Marc Bloch
14 Avenue Berthelot, 69007 Lyon

Les inscriptions, gratuites mais obligatoires, sont désormais ouvertes. Pour vous inscrire et retrouver toutes les informations pratiques, rendez-vous ici.

 

Compte rendu – LangaJE 2025

Recherches en linguistique et didactique des langues et communautés minorisées : choix de l’objet, enquête, récoltes de données, publication et valorisation

Date : Vendredi 17 octobre 2025
Lieu : Salle Marc Bloch, Maison des Sciences de l’Homme (MSH), 14 avenue Berthelot, Lyon 7

L’édition 2025 de LangaJE s’est ouverte à 9h autour d’un café d’accueil qui a permis aux participant·e·s de se retrouver dans une atmosphère chaleureuse et propice aux échanges. La journée a officiellement débuté avec la conférence plénière du Professeur Philippe Blanchet Lunati (Université Rennes 2), consacrée aux fonctionnements de la minoration sociolinguistique et à leurs effets sur les problématiques de recherche. Sa présentation a offert un cadrage théorique solide, rappelant à la fois la dimension politique de la minoration linguistique et les conséquences concrètes que celle-ci impose aux chercheur·euse·s dans leurs choix méthodologiques.

Après une première pause, la session du matin a réuni trois communications centrées sur les enjeux liés à la description, à la valorisation et à l’enseignement des langues minorisées. Vivien Fagot-Desperies (Université de Tours) a ouvert la session avec une intervention portant sur la quête d’authenticité et la recherche de la « compétence native » dans les langues minorisées, questionnant avec finesse les attentes méthodologiques et idéologiques qui pèsent sur les enquêtes de terrain. Hugo Parra (Université Lumière Lyon 2) a poursuivi avec une présentation consacrée au llanito à Gibraltar, offrant un éclairage sociolinguistique précis sur cette variété hybride encore peu documentée. Enfin, Teurra Fernandes Vailatti (Université Grenoble Alpes) a proposé une réflexion sur les pratiques plurilingues et les manuels destinés aux migrant·e·s de crise, interrogeant la place réelle accordée aux répertoires linguistiques dans l’enseignement d’une langue nationale. Le déjeuner, partagé sur le site de la MSH, a prolongé ces discussions dans une ambiance conviviale.

La session de l’après-midi a accueilli deux interventions portant sur la diversité des terrains et des approches méthodologiques. Izold Guegan (Université Rennes 2) s’est intéressée aux problématiques en jeu dans la réalisation d’un troisième atlas linguistique de la Basse-Bretagne, soulignant les spécificités et les complexités propres aux jeunes locuteurs du breton contemporain. Seongwoo Kang (Université de Bretagne Occidentale) a clôturé cette session par une évaluation comparative des traits prosodiques de la synthèse vocale du breton, ouvrant une réflexion sur les usages technologiques au service des langues minorisées. Une pause-café a ensuite permis de poursuivre les discussions dans un cadre informel.

La dernière session de la journée a été consacrée à des approches épistémologiques liées à l’expérience des chercheur·euse·s. Laura Lapeyre (Université Paris 8 Vincennes–Saint-Denis) a partagé une réflexion personnelle et scientifique dans une présentation intitulée Doctorante et enfant de parent sourd : quelles réflexions épistémologiques ? ; interrogeant la manière dont la trajectoire intime peut façonner la posture de recherche. Enfin, Charlène Chaupré-Berki (Université de Reims Champagne-Ardenne) est revenue sur son travail de terrain consacré au royasque, centrant sa présentation sur la posture du chercheur et [son] impact sur la valorisation des langues minoritaires, apportant ainsi un éclairage sur la dynamique sociale des chercheur.euse.s au cœur des pratiques linguistiques.

La journée s’est terminée par des remerciements collectifs et des échanges informels entre les participant·e·s, prolongeant une fois encore l’esprit de collaboration et de partage scientifique qui caractérise LangaJE depuis ses premières éditions.

Remerciements

Nous remercions chaleureusement les équipes de la Maison des Sciences de l’Homme Lyon–Saint-Étienne pour leur accueil et leur soutien logistique tout au long de cette édition. Nos remerciements s’adressent également à l’Université Jean Moulin Lyon 3, l’Université Lumière Lyon 2, le Centre d’Études Linguistiques (CEL), le CeRLA, ainsi qu’à toutes les personnes mobilisées pour la coordination scientifique et administrative de la journée.

Conférencier invité: Philippe Blanchet

Professeur des universités en sociolinguistique , UR CELTIC-BLM, Université Rennes 2,

« Fonctionnements de la minoration sociolinguistique et effets sur les problématiques de recherche »

Résumé de la conférence:

La désignation du processus, ou plus souvent du résultat, qui nous intéressent dans cette journée d’étude fait l’objet d’une terminologie flottante et souvent imprécise, incluant des usages contradictoires superposés : communauté (qui reste à définir) minorisée (intitulé de la journée), minoritaire, minorée… Je partirai de ma proposition d’analyse de la valuation sociale publiée en 2005, ensuite affinée et complétée dans plusieurs publications (2009, 2012, 2018), pour expliciter sa conception et la soumettre au débat, en élargissant la problématique à des aspects complémentaires (2021 ; à par.). Il faut également s’interroger sur la définition des entités que l’on considère minoritaires et faire des notions de langue (au sens de « langue distincte d’une autre » ou pas) et de communauté linguistique (ou plus largement sociale) généralement utilisées de façon vague et peu rigoureuse, des concepts précis et critériés.

Références d’appui et complémentaires :

Blanchet, Ph. (2005). « Minorations, minorisations, minorités : essai de théorisation d’un processus complexe », dans Dominique Huck, et Philippe Blanchet, (Dir.), Minorations, minorisations, minorités. Études exploratoires = Cahiers de Sociolinguistique n° 10, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, p. 17-47.

Blanchet, Ph. (2009). « Essai de modélisation du processus complexe de “valuation sociale” entre minor(is)ation et major(is)ation », in LIDI-Lingue e Idiomi d’Italia II, 3-4, p. 33-53.

Blanchet, Ph. (2012). Linguistique de terrain, méthode et théorie. Une approche ethno-sociolinguistique de la complexité, édition revue et complétée, Presses Universitaires de Rennes.

Blanchet, Ph. (2018). Éléments de sociolinguistique générale. Limoges, Lambert-Lucas.

Blanchet, Ph. (2021). « Faire des langues un patrimoine : enjeux et problèmes au regard des langues dites ‘’régionales de France’’ », dans Olivesi, S. & Ambroise-Rendu, A.-C. (Dir.), Patrimoine et patrimonialisation. Les inventions du capital historique (XIXe et XXe siècles). Grenoble, PUG, p. 127-152.

Blanchet, Ph., (à paraître 2025), « Catégorisation et dénomination des langues ‘’non dominantes’’. Problèmes et enjeux avec considération particulière pour la Bretagne » dans Alexandra Filhon, Carole Le Hénaff & Hugues Pentecouteau, Diversité linguistique, éducation et transmission en Bretagne. Rennes, Presses Universitaires de Rennes, p. 25-46

http://perso.univ-rennes2.fr/philippe.blanchet. Publications disponibles sur https://www.researchgate.net/profile/Philippe-Blanchet

Ahmed Aghray

INALCO

« Du terrain à l’analyse : dépasser la notion de représentativité et enjeux épistémologiques dans l’étude du berbère marocain »

Présentation : Ahmed Aghray est docteur en sciences du langage à l’INALCO et chargé de cours d’arabe à la Sorbonne Paris Nord.

Résumé de communication :
À partir d’un travail de terrain mené principalement sur le berbère chleuh, cette communication interroge les fondements méthodologiques, épistémologiques et descriptifs des études berbères, tout en soulignant les limites d’une approche qui cherche à standardiser une langue aussi diverse et dynamique que le berbère.
Le point de départ de cette communication est l’observation d’une forte variation au niveau du verbe, rendant difficile toute tentative d’uniformisation. L’aménagement linguistique du berbère, qu’il soit régional ou national, ne peut se faire sans intégrer pleinement cette variation dialectale. La communication insiste sur l’importance d’une analyse systématique, rigoureuse et inclusive de la variation, afin d’éviter les simplifications abusives.
Un point central réside dans la remise en question des notions de « non-conformité structurelle » ou de « représentativité linguistique » attribuées à certains parlers. Ces termes, souvent employés sans recul critique, induisent des jugements de valeur et supposent une hiérarchie entre les parlers. Cette prise de conscience conduit à reconsidérer le vocabulaire scientifique utilisé, et à proposer un cadre plus neutre, notamment en s’appuyant sur le concept de « synchronie dynamique » (Martinet, 1990), qui permet de comprendre les régularités internes dans le changement linguistique.
La communication revient aussi sur l’évolution du projet de recherche. Initialement pensé comme une comparaison entre plusieurs parlers chleuhs, il a été recentré sur le parler de Taghjijt, non par manque d’intérêt, mais par réalisme scientifique. La diversité et la complexité du terrain, tant linguistique que socioculturelle, rendent une comparaison exhaustive impossible à cette échelle. Certaines tribus (Aït Ouaouzgit, Aït Baamran, Ihahan…) présentent une homogénéité relative, mais chaque village, chaque groupe social apporte ses propres nuances.
Un des apports majeurs de cette recherche réside dans la méthode : collecte de terrain depuis 2012, entretiens semi-directifs, commentaires contextuels et retours fréquents vers les locuteurs permettent une approche fine des énoncés. Cette démarche souligne l’importance de la subjectivité du chercheur : sa langue maternelle, son expérience du terrain, ses interactions prolongées avec les locuteurs deviennent des outils d’analyse. C’est cette subjectivité assumée qui permet de construire une réflexion plus mature et plus ancrée dans la réalité linguistique.
Par ailleurs, la communication aborde la question cruciale de la négation explétive en berbère. Elle interroge la pertinence de certaines analyses : fait-on la syntaxe du berbère ou traduit-on inconsciemment des schémas du français ? Ce questionnement ouvre sur la nécessité d’un cadre théorique véritablement enraciné dans les logiques internes du berbère, sans surimposition de modèles étrangers.

Bibliographie :

MARTINET, A. 1990, « La synchronie dynamique », La Linguistique, vol. 26, n° 2, Paris : Presses Universitaires de France, p. 13-23.

ASPINON, R. 1953, Apprenons le berbère. Initiation aux dialectes chleuhs, Félix Moncho, Rabat.

BASSET, A. 1949, « Sur une singularité des parlers berbères du sud marocain », séance du 25 mai 1949, Glecs.

BASSET, A. 1959, Articles de dialectologie berbère, Préface de E. Benveniste, professeur au Collège de France, André Basset, Paris, Librairie C. Klincksieck.

BOUMALK, A. 1996, Morphogenèse et dynamique lexicale en berbère (tachelhit du sud-ouest marocain), thèse de doctorat, INALCO.

CHAKER, S. 1994, « Chleuh », in 13 | Chèvre – Columnatien, Aix-en-Provence, Edisud (« Volumes », no 13), p. 1926-1933.

CHAURAND, J. 1972, Introduction à la dialectologie française, Paris, Bordas.

DESTAING, E. 1931, « Notes sur l’expression verbale de la durée et du temps en berbère et en arabe marocain (parlers des chleuhs de Sous, tachelhit du Sous) », Paris : H. Champion.

GALAND, L. 2010, Regards sur le berbère, Édité par Centro studi camito-semitici di Milano, Milano.

JUSTINARD, L. 1914, Manuel de berbère marocain (dialecte chleuh), Souss et Haut Atlas, 1914.

LAOUST, E. 1920, « Coup d’œil sur les études dialectales berbères au Maroc », Bulletin de l’Institut des hautes études marocaines, Emile Larose, Paris.

LEGUIL, A. 1992, Structures prédicatives en berbère, bilan et perspectives, travaux présentés en vue de l’obtention du Doctorat d’État en lettres et sciences humaines à l’Université Paris 3, sous la direction du professeur David Cohen, L’Harmattan, Paris.

Charlène Chaupré Berki

Université de Reims Champagne-Ardenne

« Communautés minorisées : posture du chercheur et impact sur la valorisation des langues minoritaires »

Présentation : Charlène Chaupré-Berki est docteure en Sciences du Langage. Dirigée par les professeures Béatrice Fracchiolla et Anna Giaufret, sa thèse, soutenue en 2021, s’intitule Le royasque en France : un dialecte ligurien alpin ? Origines, classification, représentations et réalité sociolinguistique à la frontière franco-italienne

Mots clés : langues minoritaires ; royasque ; ethnographie ; recherche participative

Résumé de la communication :

Cette communication interroge les effets de la posture du chercheur et des choix méthodologiques sur la reconnaissance sociale des langues minoritaires. Elle s’appuie sur une recherche de terrain menée entre 2018 et 2020 dans des localités situées à la frontière franco-italienne (Alpes-Maritimes, Ligurie), où se parle le royasque, une langue minoritaire issue du groupe ligurien. Dans un contexte de plurilinguisme local souvent invisibilisé, cette étude vise à comprendre comment les pratiques scientifiques, lorsqu’elles sont co-construites avec les communautés concernées, peuvent participer à la valorisation — ou au contraire à la marginalisation — de leurs patrimoines linguistiques.

La question centrale qui structure cette recherche est la suivante : dans quelle mesure une approche ethnographique et participative peut-elle contribuer à la reconnaissance d’une langue minoritaire dans un contexte de minorisation linguistique ? Pour y répondre, la méthodologie combine une enquête ethnographique de terrain (observations participantes lors de fêtes locales, entretiens semi-directifs, corpus audio, notes ethnographiques) à une démarche de recherche participative, ancrée dans le croisement des savoirs. Ce choix vise à reconnaître les locuteurs comme producteurs légitimes de savoirs, en intégrant leurs représentations, expériences et récits dans l’analyse.

Le cadre théorique mobilise les travaux de Labov (1972) et Bourdieu (1987) sur les dynamiques de légitimation dans les pratiques langagières, les études sur la glottophobie et la minorisation linguistique (Blanchet, 1994, 2005, 2012), ainsi que les approches contemporaines en recherche participative (Monceau & Soulière, 2017 ; Godrie et al., 2022 ; Lucy & Terrien, 2024). Cette articulation permet de penser les rapports de pouvoir dans l’enquête, tout en questionnant la position du chercheur dans la production et la circulation des savoirs.

Les résultats montrent que la posture du chercheur peut agir comme levier de valorisation culturelle, notamment lorsqu’elle s’inscrit dans des actions concrètes : participation à des projets scolaires autour du dialecte, collecte d’histoires orales en milieu intergénérationnel, accompagnement d’événements culturels locaux. Mais elle peut aussi susciter des tensions, en réactivant des formes d’insécurité linguistique ou des résistances liées aux enjeux identitaires ou politiques du territoire. La mise en œuvre concrète de la recherche participative s’est faite à travers des échanges réguliers avec des acteurs locaux (enseignants, élus, membres d’associations), la co-définition de certains objectifs de terrain et la restitution partielle des résultats aux habitants.

En définitive, cette communication propose une réflexion critique sur les effets sociaux — souhaités ou inattendus — de la recherche dans des contextes de marginalisation linguistique. Elle questionne la capacité de la recherche en sciences du langage à accompagner des dynamiques de reconnaissance et d’émancipation, sans reproduire de logiques descendantes. L’enjeu n’est pas seulement de documenter une langue minoritaire, mais de contribuer à la légitimation partagée de ses usages.

Boles, J. K., & Hoeveler, D. L. (2006). The A to Z of feminism. Lanham, MD: Scarecrow Press.

Bourdieu, P. (1987). La noblesse d’État. Grandes écoles et esprit de corps. Paris : Éditions de Minuit.

Blanchet, P. (1994). Problèmes méthodologiques de l’évaluation des pratiques socio-linguistiques en langues « régionales » ou « minoritaires » : l’exemple de la situation en France. Langage et société(69), 93–106.

Blanchet, P. (2005). Essai de théorisation d’un processus complexe. Cahiers de sociolinguistique, 10(1), 17–47.

Blanchet, P. (2012). L’identification des langues : une question clé pour une politique scientifique et linguistique efficienteModèles linguistiques, 66, 17-25.

Brun, P. (2017). Le croisement des savoirs dans les recherches participatives. Questions épistémologiquesVie sociale, 20 (4), 45–52. https://doi.org/10.3917/vsoc.174.0045

Flores Farfán, J. A., & Ramallo, F. F. (2010). Exploring links between documentation, sociolinguistics and language revitalization: An introduction. In J. A. Flores Farfán & F. F. Ramallo (Eds.), New perspectives on endangered languages: Bridging gaps between sociolinguistics, documentation and language revitalization (pp. 1–12). Amsterdam: John Benjamins Publishing Company.

Godrie, B., Juan, M. et Carrel, M. (2022). Recherches Participatives et Épistémologies Radicales : Un État des Lieux. Participations, 32(1), 11-50.

Labov, W. (1972). Sociolinguistic Patterns. Philadelphia: University of Pennsylvania Press.

Lucy, M., & Terrien, P. (2024). Recherche participative et enquête ethnographique : complémentarités et perspectives pour la recherche en éducation. In Ethnographie et recherches participatives. Actualités des formes de recherche-action en sciences sociales, Université Lumière Lyon 2, Maison internationale des langues et des cultures, Lyon, France. ⟨hal-04603078⟩.

Maguire, P. (1987). Doing Action Research in Your Own Organization. Thousand Oaks: SAGE Publications.

Monceau, G., & Soulière, M. (2017). Mener la recherche avec les sujets concernés : comment et pour quels résultats ?Éducation et socialisation [En ligne], 45, mis en ligne le 01 septembre 2017, consulté le 09 avril 2025. URL : http://journals.openedition.org/edso/2525;              DOI : https://doi.org/10.4000/edso.2525.

Rymes, B., & Leone, A. R. (2014). Citizen sociolinguistics: A new media methodology for understanding language and social life. Working Papers in Educational Linguistics, 29(2), 25–43. Watson, I. (2008). Irish language and identity. In C. Nic Phádín & S. Ó Cearnaigh (Eds.), A New View of the Irish Language (pp. 66-75). Cois Life.[MM1]